"Être Artiste" - 1/9
“ À quoi ça sert de se voiler la face à s’en étouffer pour un peu de pouvoir. À quoi ça sert de mettre les voiles pour fuir dans un monde qui tourne en rond sur lui-même.”
(Extrait de "Humanité, espace, temps 19/04/2024" – Goodÿ),
Quand j’étais enfant, je me posais tout le temps la question du comment ça marche, et du pourquoi de chaque chose. Je pense ne jamais avoir perdu cette aptitude à m’interroger pour tenter de comprendre. Comprendre, cette obsession qui ne cesse de me guider encore aujourd’hui. Comprendre, cette chose qui permet de respecter les autres sans être d’accord avec eux. Comprendre, ce mot qui est à la fois « allant vers » et « être en soi », ce mot qui est tant passif qu’actif, possession et partage.
Aujourd’hui, j’essaie de comprendre ce que c’est qu’être artiste, pour moi, dans ma façon de penser. Peut-être cela se rapprochera de ce que d’autres gens ont écrit avant moi, avec quelques nuances, si toutefois, nous prenons le temps d’analyser en profondeur les pensées comparées (ce qui est rarement le cas, soyons honnêtes !). Je ne vais donc pas chercher à citer ceux qui se sont posés la question ni ceux qui se la posent. Qu’est qu’être artiste ?
Je serais tenté de répondre que c’est exister au travers de l’expression de ma nécessité de créer. Mais cela réduirait l’Artiste que je pense être, au simple fait de créer. Non pas que créer soit simple, mais parce que je pense qu’il ne suffit pas de créer pour être un Artiste. Alors quoi de plus ? Faire preuve de maitrises techniques et de savoir-faire ? Cela ferait de moi un bon technicien, pour peu que cette maitrise produise du beau, qu’elle produise un ouvrage qu’on appellerait œuvre d’art (sous-entendu donc « ouvrage réalisé avec une grande maitrise technique). Mais, me chuchote-t-on à l’oreille, qu’il faudrait aussi que cet ouvrage fasse preuve d’originalité !
Originalité, est-ce l’empreinte de ma personnalité, de ma pensée, de ma vie, de mon intimité d’avec le monde ?Est-ce la différence ?
Et, chemin faisant, je découvre ainsi des réponses qui entrainent d’autres questions comme si être artiste, celui que je pense être, serait une addition de sens qui, parfois, se contredisent dans une complémentarité qui semble contre nature jusqu’à ce que je me mette à penser autrement. Serait-ce la clef ? Penser autrement ?
Mais qu’est-ce que penser autrement ? Est-ce redéfinir les mots, les notions, les concepts alors qu’aujourd’hui, chaque mot devient un concept ou presque. Est-ce alors le fait de trouver ou de créer du lien, là où il ne semble pas y avoir ? Est-ce encore s’abandonner à une fainéantise intellectuelle pensant que tout a été dit, que tout a été fait, qu’il n’y a rien à inventer ? Des questions encore des questions. Des questions que nous allons nous poser si vous le voulez bien, en prenant le temps de les penser, de saisir le sens des mots et leurs intentions au travers de nos écrits ou de nos mots énoncés.
Mais je ne réponds pas à la question initiale me direz-vous, et pourtant si. Car n’est-il pas dit qu’on ne répond pas à une question par une question ? J’esquisse un petit sourire en y pensant car nous commencerons aujourd’hui par réviser cette petite injonction pour mieux répondre à la question : nous allons nous poser quelques questions en réponse à nos questions pour y répondre en pensant, en analysant, en contredisant et en affirmant peut-être que finalement je ne suis peut-être pas un artiste, qui sait ?
Toutefois, il est à noter que mon titre « Être Artiste », n’est une question que par le sens sous-entendu que nous lui donnons. Ce serait plus un projet de réflexion que je vous propose dans cette nouvelle série de neuf textes, donc avec les huit qui vont suivre celui-là même que vous lisez aujourd’hui, où nous aborderons le « Être Artiste » dans des dimensions toutes aussi attendues qu’insoupçonnées.
Goodÿ – 07/12/2024