HET 5/5, Humanité - Espace - Temps
“ le respect n’est pas une loi humaine qui se décrète, mais une nature humaine que nous devons apprendre à acquérir avec sincérité et non bienveillance”. (Extrait de "Humanité, espace, temps 02/04/2024" – Goodÿ)
En ces temps incertains, nous voilà parvenus à nos faims. Une soif de pouvoirs étanchée dans l’inédit où les interdits sont de penser et la bravoure est dans la rhétorique de la fuite en arrière. Nous voilà donc, en ces temps venus de l’échec du temps laissé à la tourmente et à la peur de l’avènement du passé dont on se cache, voire s’offusque, oubliant les histoires passées bien plus lointaines pour masquer la répétition de ce cercle vicieux de la peur de l’autre, car de tous temps, quand ça ne va plus, c’est la faute de l’autre.
Nous voilà donc coincés dans la ritournelle des temps entre une valse des maux, une farandole de tweets et le rock des mots-critiques. Nous voilà donc dans cet espace des mesurés de la bienveillance, combattante essoufflée, gardienne de nos libertés qui s’effritent depuis fort longtemps.
À qui s’acère, là, cette situation du temps perdu de nos débats sans fin à la table de nos décisions communes aux terres de destins liés ? À quoi ça sert de prendre le temps de se réunir pour panser le monde quand chacun vit dans la faim qui justifie ses moyens ?
Nous voilà donc marchant numérique de nos espaces de vie, pour cirque hurler dans nos rues, sur nos trottoirs, nageant dans la Scène émouvante de nos désillusions. Il est de bon goût, alors, de boire la tasse pour mieux avaler les couleuvres de nos choix amers et de déverser notre bile dans l’isoloir de nos mémoires, sur nos réseaux de solitudes partagées. Il est beau ce temps où chacun pour soi, prend le temps de dire aux autres de ne point révéler le même secret qu’il a partagé à chacun en privé. Un jeu qui enflamme notre espace sporadique, répétitif et virtuel de nos réalités.
Nous voilà bien dociles, hurlant, par nos écrits sur veillés, nos souffrances et nos peurs, nos espoirs et nos doutes. Projetant dans l’instant immédiat des décisions qui impliquent un avenir que nous ne percevons plus ou mal. Mal alèse dans cette écologie du durable puisque éphémère. Tel un tweet « WhatsApper » que seuls les data center se souviennent dans l’espace du temps de stockage. « Delete » air d’un paysage d’une eau bleu marine, d’une lumière à l’aide blanche et d’un coucher de soleil rougeoyant. Un paysage paisible devenu, par l’usure du temps qui lasse les lacés trainants de nos marches molles, un tourment de promesses non tenues.
Nous, voilà donc un mot qui prend son temps pour exister. Un mot, qui, dit tout le temps, se vide au fil du temps. Un mot, un seul, qui, de tous nos maux, résume, à lui seul, la faillite d’une humanité. Nous sommes des Je, qui, mal conjugués, créent des égrégores centrés autour des différences de chacun, plutôt que le respect de ce que chacun peut apporter sa pierre, différente ou semblable, jamais identique, mais constitutive du puzzle à bâtir.
Nous voilà donc devenus des bâtisseurs de tours solitaires dans des espaces communs, gardées par les fous du Roi sans nom. Roi conseillé par l'Élu à qui nous avons confié les clés de la cité sans porte, mais dotée de magnifiques cadres surmontés de décorations de Valeurs. Le drap peau flottant alors sans vend de sous, permet de comprendre le sens du vent.
Nous voilà donc dans de beaux draps de sois, par ce temps des froids, chacun tirant à soie lakou* verte hure du temps passé, érigé en solution potable, possible et potentiellement louable pour une économie circulaire, vertueuse et inclusive. Que de temps qui s’écoule pour revenir à des principes d’antan, nommés avec les frasques de nos vocabulaires de sciences politiques en ingénierie sociale, pour essayer de mettre tout le monde d’accord sur leurs différents, plutôt que les emmener à respecter leurs différences. Tout ceci dans un capharnaüm d’individuation sociale dans un haut séant sociétal d’embarcations aux voiles tirées par le chant des six reines : Liberté, Sécurité, Écologie, Résilience, Inclusivité et Souveraineté.
(*) Mot guadeloupéen désignant « la cour », lieu physique limité et son microcosme de proximités, mais aussi « la cour » un auditoire, une assemblée ou une assistance tout aussi limitée autour d’un individu ou d’un très petit groupe d’individus…
Goodÿ – 22/07/2024